Bien manger c’est aussi bien se soigner

Télégramme, vendredi 5 décembre

La maladie peut couper l’appétit. Pas facile avec un cancer, pendant ou après le traitement, de retrouver le goût à table. Pourtant, une alimentation saine est un incontournable pour accompagner la guérison. La Ligue contre le cancer propose un échange sur ce thème aujourd’hui au centre Savidan.

Parmi les interrogations que soulève la maladie, les questions liées à l’alimentation sont innombrables chez les personnes atteintes d’un cancer. La délégation de Lannion de la Ligue contre le cancer propose ainsi une rencontre-information « diététique » animée par une professionnelle, aujourd’hui. « Nous répondons à une demande des malades que nous accompagnons », confie Joëlle Herlidou, bénévole pour la Ligue. « Les problèmes de nutrition, pendant ou après le traitement, sont récurrents, ce n’est pas une période facile », insiste-t-elle.

Du cas par cas

L’idée est de proposer un échange avec une professionnelle pour que les personnes atteintes d’un cancer s’informent. Et retrouvent du goût. Un goût qui participera à la guérison. Conserver ou retrouver le plaisir de se nourrir, c’est favoriser un bon apport nutritionnel et accompagner le mieux-être. « Car bien manger pour se soigner c’est indispensable, vouloir bien manger c’est déjà se soigner », précise Cécile Daniel, diététicienne. Impossible cependant de donner de grandes lignes alimentaires impersonnelles, manger ci, les cuire comme ça, favoriser tel aliment. Non. « La diététique ici doit s’adap ter à chaque cas, en fonction de la personne, en fonction de ses traitements ».

Ne pas perdre de poids

Beaucoup souffrent de nausées, de dégoût pour certains aliments, d’autres d’un manque d’appétit, parfois ce sont des mycoses buccales qui se développent, d’autres encore sont totalement incommodés par les odeurs de cuisson... Quoi qu’il en soit, « le principal c’est de manger et de faire en sorte de ne pas perdre de poids, affirme la diététicienne, car une perte de poids trop importante, c’est s’affai blir et donc laisser la maladie prendre le dessus dans un corps qui n’a plus l’énergie suffisante pour lutter, avec la maladie, le métabolisme change ». Évidemment le stress engendré par la maladie influe sur la digestion, sur le sommeil aussi... Cécile Daniel donnera des conseils adaptés pour chacun des problèmes qui seront évoqués lors de cet échange. Loin d’elle cette idée de mener une conférence généraliste sur l’alimentation. « J’évoquerai cependant l’importance des protéines », complète la professionnelle. Elle insiste aussi sur cette possibilité de manger de manière fractionnée, sans tomber dans le grignotage, mais mieux vaut manger des petites quantités et plus souvent, quand l’appétit n’est pas là. Certains traitements hormonaux post-soins, eux, peuvent provoquer des prises de poids importantes. « Pour ces personnes qui, souvent, ont déjà vu leur corps souffrir par la maladie, subi des interventions chirurgicales lourdes, il est important de veiller à ne pas trop prendre de poids ».

Une alimentation équilibrée

Antioxydants, compléments alimentaires sont autant de termes qu’elle évoquera aussi. Selon la professionnelle, il sera important de redire combien « il faut privilégier une alimentation équilibrée, pour tous évidemment, encore plus en cas de maladie ». Et, forcément, si des produits sont bio, c’est encore mieux. En plus de ces moments d’échanges, la délégation du Trégor de la Ligue organise chaque mois une marche douce. Après la réflexologie et la sophrologie, des cours de gymnastique douce sont également proposés à partir de janvier. Car, comme l’alimentation, le sport favorise le retour d’une certaine confiance en soi, un mieux-être, le chemin de la guérison.

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